Dans un blog précédent celui-ci, je me laissais aller à mes humeurs. Réactions, colère, appels (au secours, à l'émeute, à la révolution sans appeler à la révolte qui devrait tous nous guider
chaque jour, malheureusement), injures au salopard à qui on peut, électoralement, confier l'avenir d'un peuple, d'une population, d'une bande de concitoyens, d'un pays, d'un monde quand on vote !
Et j'avais voté !
Bah, oui, et pour la première fois de ma vie j'avais même voté socialiste ! Royal ! Je me suis surpris à croire et aux élections et au vote utile. Plutôt la conne et la fraternitude que le
pôv'con publicitaire d'appareils de nettoyage haute pression ! Perdu. J'ai voté NPA aussi, dans ma vie, par sympathie pour des gens dont j'ai cru (quand il s'agitssait de savoir) qu'ils croyaient
(quand il s'agissait de savoir) que cela pouvait donner un vrai mouvement (pour moi), un vrai parti de gauche (pour eux). J'ai déchiré ma carte d'électeur (qui pesait d'ailleurs si lourd dans mes
débats avec les camarades qui ne comprenaient pas ma schizophrénie : il se dit anar et il va voter ! et depuis, c'est la bagarre. Piètre combat que le mien. Des manifs, des pétitions, des
coups de gueules entre potes, des A cerclés dans les rues de Paris (parfois disparus une ou deux heures après !), un foulard pour ne pas montrer ma gueule de voyou même pas étranger aux gardiens
de l'identité ordonnée (et sur ordre) et nationale. C'est beau, cette vie. Risquer la taule à chaque manif. Risquer l'oeil crevé. Risquer la mort face aux flics. C'est beau, comme vie. Et aller,
chaque jour, se faire chier dans un boulot de merde pour avoir de quoi payer le loyer (même pas), boire un coup et avoir de quoi se rendre, parfois loin, pour découvrir la culture policière des
différentes régions du pays voire de différents pays.
Je deviens quelqu'un d'autre dans ma vie pourtant si petite-bourgeoise et pourtant si miséreuse et pourtant si riche (bah, allons voir au Mali s'ils peuvent, comme moi, se rendre chez Publico
s'acheter quelques dizaines d'euros de littérature anarchiste), et pourtant si misérable (je ne sais même pas si je travaillerais demain et ça me traumatise, moi qui suis contre le travail, le
travail salarié) je ne vis plus.
Dans ce blog précédent celui-ci, donc, j'étais énervé.
Aujourd'hui je suis déséspéré. Où sont les vivants ? Devons-nous nous méfier des morts en cet âge d'or des assassins ?
Aujourd'hui, j'ai un flingue sur la tempe et, dans une main, un autre flingue, c'est une image.
A qui est le flingue qui se tient contre ma tempe et qui le tient ?
Que vise le flingue dans une main ?
Juste pour dire que Proglio a deux salaires ? Soit. Je connais une femme de ménage qui en a trois ! Et personne ne l'embête avec ça. Et, véridique, elle bosse pour le privé et... le public !
D'ailleurs, en passant, je vous dirais qu'elle est belle comme un coeur, qu'elle se lève le matin à 3 heures 30 pour choper, après le bus, un train à 5 heures 20 et commencer son travail (dans la
fonction publique) à 6 heures 30 avant de le quitter à 8 heures 30 pour se rendre ensuite ailleurs (dans le privé). Tout ça pour moins que le smic.
Dans dix ans, à ce rythme, elle est morte ! (C'est une image, peut-être se sera-t-elle mariée, peut-être aura-t-elle des enfants, peut-être sera-t-elle alcoolique, etc.). En attendant, elle
attend toujours des nouvelles de la famille de son père, haïtien.
Alors Proglio, ses deux ou trois salaires, je m'en fous ! Ses deux ou trois salaires, aussi "indécents" qu'ils soient, aussi "injustes", manquant tant de "transparence", je m'en fous ! Son
pognon, il peut se le mettre en rouleaux où il veut, il peut s'injecter son pognopn en intraveineuse, se mettre son coffre-fort bien profond, il peut le boire, le sniffer, le bouffer, s'en faire
un cercueil, une bagnole écolo, je m'en fous.
En revanche, qu'il puisse diriger, dans un même domaine, à la fois une entreprise nationale et une entreprise privée, même bénévolement, ça, ça me flingue ! Y a pas conflit d'intérêts comme il se
dit parfois ?
Je vomis sur tous les commentaires journalistiques vantant la décision du monsieur de renoncer à 400 000 euros pour n'en garder qu'1 600 000 euros d'autant plus que le "salaire" qu'il garde est
celui concernant son dévouement au service public ! Et oui, bande de cons que nous sommes, c'est nous qui allons payer ce monsieur. Mais comme je viens de l'écrire, ça, le fric, le sien, le mien
ou celui de qui que ce soit, quelqu'un d'autre, je m'en fous. Même si ça me fait mal au bide de voir l'économie que Véolia va faire sans que soient augmenter "ses collaborateurs".
Mais le pouvoir de ce monsieur, sa place dans les organigrammes aurait dû, bien plus que le cumul du fric, être la cause de la bronca. Mais non. Tout fut encore bien orchestré,
politiquement, médiatiquement, populistiquement, etc.
Aujourd'hui, sur ce blog, dont je ne m'occupe que très peu et qui est, au contraire du précédent, très peu fréquenté, je crois que je n'ai plus rien à dire. Rien. Euh... si... Aimez-vous les uns
les autres ?
Non, je rigole. Mais bon, comme disait l'autre en son temps : "faites gaffe, j'ai mis la main sur mon flingue" (Renaud)
Franc Tireur Poète
Derniers Commentaires